Dimanche 4 Octobre, 18H30 tapantes, le touc touc me lâche devant un grand complexe éclairé sur Lodhi Road; j'y retrouve quelques collègues françaises pour aller voir un spectacle de danse Odissi. Créee dans les années 1950 sous sa forme actuelle, originaire de la région de l'Orissa, au Sud du Bengale, cette danse puise son inspiration de la dramaturgie antique indienne. A mi-chemin entre la danse pure (Nritta) et la danse narrative (Nrittya), les danses se basent sur l'expression des émotions, la tête, le buste et le torse exécutant des mouvements complexes et raffinés. L'Odissi s'accompagne d'un récital poétique (musiciens en live) sur le thème de l'amour entre Krishna et Radha.
Le show, d'une durée de 2 heures, a mis scène 2 danseuses. La première, jeune et jolie, mais si maigre que j'avais mal en voyant ses bras décharnés se déployer autour de son corps. Son regard si expressif m'hypnotisait, de grands yeux bruns avec des cils qui n'en finissent pas, et des larmes qui perlent à la lisière des paupières. La jeune femme attend désespérément un homme qui ne vient pas.
Le deuxième artiste, plus âgée, moins jolie et bien plus en formes, dégageait une expérience et une maturité beaucoup plus fortes. Très vite, elle a évincé la présentatrice et pris possession de la scène, captivant l'audience en nous expliquant, dans un parfait anglais, les origines de ces danses, leur signification, les conséquences de la partition des régions du Sud, etc. Chaque danse est une légende, chaque rôle est un personnage différent, de la jeune vierge effarouchée qui n'ose rejoindre la couche de son mari le soir à la femme trompée. Cette dernière était d'ailleurs ma préférée; le mari est dans la chambre de la voisine et le femme se déplace, énervée non contre son mari (son mari est un homme bien, une pauvre âme sensible qui veut faire plaisir aux autres et ne sait pas leur dire non), mais contre la voisine, cette vieille sorcière maléfique...
Nous sortons de la salle l'estomac dans nos talons dénudés; direction Def Co, le quartier des expat', à Sargar, un restaurant Inde du Sud, où on se pète le bide pour 175 roupies (2,5€). Je teste des plats encore jamais expérimentés: le Masala Dosa, un genre de grosse galette bretonne fourrée aux légumes, relevés mais pas trop épicés, servi avec des légumes en soupe et un délicieux chutney de noix de coco. J'essaye aussi le Uthapam aux oignons, un genre de pâte à pizza couverte d'oignons. Pas mal, bien qu'un peu bourratif. Disons que si j'avais su que le Masala dosa était une sorte de crêpe... Enfin, ce n'est pas ça qui va m'empêcher d'essayer les Kulfi du Moet's juste à côté, des espèces de spaghettis blanches servies avec de la glace, que l'on mange debout dans la rue. Un monsieur attrape un cone qu'il ouvre en trois coups de couteau, en sort de la glace pistache, ajoute les filaments blancs, du sucre de canne et un sirop de rose: délicieux!
La semaine suivante débutait le Festival des arts à Lodhi Garden. Un soir, nous avons décidé de nous y rendre, 2 collègues, Céline et moi. C'est quelquechose qu'on ne peut malheureusement pas faire si souvent, les spectacles ayant lieu en tout début de soirée, peu compatible avec nos horaires (surtout qu'il faut bien une heure de rickshaw pour y accéder). Lodhi Garden est éclairé de mille feux pour Diwali, la fête des lumières -dont je parlerai dans le prochain billet-, et est tout simplement magnifique. Tellement pas Delhi!
Cette fois-ci, nous étions sur le point de voir un spectacle de Thakath, une danse que je situerais entre le flamenco et les claquettes, où grand usage est fait des grelots qui s'accrochent aux pieds des danseurs. Je n'étais pas bien concentrée, agacée par les têtes devant moi qui ne cessaient de gesticuler, les yeux vissés à leurs petites jumelles d'opérette, se tortillant tantôt à gauche, tantôt à droite. Les danses de groupe (hommes et femmes) alternaient avec les solos d'un vieil homme. Je n'ai pas vraimenet accroché avec les danses groupales, les trouvant peu harmonieuses et pas coordonnées. C'était sans doute des élèves et c'est tout à leur honneur, mais cela ne m'a pas pris aux tripes. J'ai donc laissé mon esprit vagabonder sur les magnifiques couleurs des costumes, tous plus beaux les uns que les autres, bercée par la musique. J'ai mieux aimé par contre les solos du vieux monsieur, qui chantait le rythme (takatakatakatakata, taka...) et le battait de ses pieds grelottés.
Puis, j'ai appris que ce vieux Monsieur n'était d'autre que l'un des chorégraphes du bollywood Devdas, primé au festival de Cannes 2002, ce film qui m'avait fait de l'oeil à la FNAC avant mon départ en Inde...ceci explique cela ;-)
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