Nombre total de pages vues

mercredi 30 juin 2010

Gushaini et la Raju's; les clefs du paradis...

Sur la route de Gushaini, un temple perché dans la montagne...

Il y a longtemps, bien longtemps de cela, peut-être dans les trois mois après mon arrivée en Inde et mon installation à Delhi, je tombai sur un article du magazine Outlook Traveller, qui classait les 100 incontournables de l'Inde. La Raju's GH figurait parmi eux.

Voilà comment on accède à la Raju's!!!

Je n'avais de cesse d'en entendre parler, mes boss s'y rendant régulièrement. C'était apparemment le Paradis sur terre. Je l'ai donc allègrement inséré dans notre parcours de vacances, et, tant qu'à faire, j'en ai mis deux nuits.


Le Raju GH...: on avait tout l'étage à nous!

Effectivement, la Raju fut sans aucun doute l’apothéose de notre voyage; un accueil formidable, une cuisine à tomber par terre, une nature luxuriante et apaisante, et enfin, pas moins de 9 pièces pour nous tout seuls! Raju nous a prêté l’étage du dessus de son adorable bicoque en bois. Discret, cet Indien élancé et timide n’en est pas moins connu comme le loup blanc ; en voyageant dans sa jeep un peu plus tard, nous l'avons vu adresser de nombreux gestes de la main, son sourire discret au coin des lèvres.

Petit feu de cheminée le soir: les nuits sont plus fraîches qu'à Delhi!

Comme tout paradis et autres jardins d'Eden, le chalet n'était pas simple à trouver... Petit village, aucune indication, zéro réseau pour appeler son propriétaire... La route étant très belle, rester une heure de plus dans la voiture ne nous a pas gênés outre mesure, d'autant plus que le chauffeur était d'une espèce rare, l'espèce cool-très sympa et marrant qui plus est.

Au micro carrefour du village, un attroupement de motos nous ralentit ; c'est en fait une épreuve du permis de conduire indien, qui consiste à tourner en rond autour d'un caillou !

La fameuse cuisine de Lata, la femme de Raju: c'est pour deux personnes ?!!!

Retournons à nos moutons, ou plutôt à nos vaches... après avoir interrogé de jeunes villageois, le chauffeur finit par s'arrêter sur le "bas côté', et tend le bras vers un petit chalet de l'autre côté du torrent. La Raju. Intéressant, mais comment on y va nous, à la nage dans l'eau glacée? Car le seul moyen d'arriver à la Raju's, et c'est aussi ce qui contribue à son charme, est de traverser le torrent sur une espèce de balancelle. Or, celle-ci est amarrée de l'autre côté. Notre gentil chauffeur use alors de sa grosse voix d'Indien pour alerter Raju et, quelques minutes plus tard, un jeune homme vient nous chercher: c'est le fils de Raju.

Et c'est parti pour une grande balade dans les environs!

Cette maison, c'est la maison de mes rêves : tout est en bois, jusqu'au plateau dans lequel on nous sert le café et ses biscuits. Un beau bois chatain foncé. Les toilettes donnent sur le torrent, on peut entendre le bruit de son courant. Une terrasse extérieure nous permet d'admirer la nature environnante, confortablement installés.


Les cerises de Raju en poche...

Le premier soir, après notre journée de voiture et après avoir pris possession de nos appartements, nous descendons sur les berges de galets pour voir le soleil se coucher. Déjà, nous avons trois nouveaux amis, qui nous accompagneront tout au long de notre séjour: Wouwou, Yéti et Balou, le trio de toutous de Raju, trop marrants. Ils vous suivent et vous "guident" dans toutes vos balades, trop heureux d'aller se dégourdir les pattes avec les amis touristes. Ils n'aboient pas et font leur vie, vont fouiller dans les fourrés, explorer les buissons éloignés, etc.


De retour "chez nous", le jus de pomme frais nous attend...

Touffedepoil (son vrai nom c'est Yéti, ça lui va bien aussi)

Le soir à table, le service est irréprochable et la nourriture exceptionnelle! Quelle ne fut pas notre surprise, le soir à table, de découvrir autant de plats!! Soupe, viande, poisson grillé fraîchement pêché (la truite est LE poisson de l'Himachal Pradesh), pasta, riz, salade, paneer indien, chapatti, jatte de crème dessert, le tout arrosé de jus de pomme maison (boisson typique de l'Himachal, mais le meilleur qui nous ait été donné de goûter est celui de Raju) !!! Ghislain et moi partageons l'amour de la bonne bouffe...nous étions donc conquis une fois de plus!

Le lendemain, nous nous levons avec une pêche d'enfer. Nos lunch sur le dos, nous partons explorer les environs, peut-être jusqu'au parc national. Raju nous a bien expliqué le chemin, ce sera une bonne journée de marche à pied et de bon air frais à stocker dans nos poumons. Nous voilà sur le chemin du village pour rejoindre les collines verdoyantes.



Il fait beau mais bon, et c'est un vrai bonheur de découvrir le paysage en marchant. Au bout d'un moment, Ghislain s'arrête pour découvrir des kilomètres de cannabis, une "marée verte à ciel ouverte". Ici la feuille interdite pousse comme les orties à Château-Renaut (chez mes parents), sauf qu'à mon avis on en fait autre chose que des soupes !


Pause pique nique près du torrent et bronzette sur de gros rochers plats; impossible de tremper un doigt de pied dans l'eau, trop froide! Même le chien poilu, Yéti, qui adore rafraîchir ses longs poils dans les flaques, ne s'y risque pas.

Oui oui, ici la "mauvaise" herbe est bonne pour certains...

Le soir, après un nouveau repas tout aussi gargantuesque que le premier, Raju nous allume un petit feu de cheminée, et nous restons là, à regarder les braises s'épuiser dans l'obscurité. Aucun de nous n'a envie de repartir le lendemain matin!


Raju a proposé de nous emmener dans sa jeep jusqu'à Naggar, notre prochaine étape; nous avons accepté, sans grande envie de jongler avec les bus locaux. Très bonne dernière nuit bercée par le torrent...

Belle et Sébastien !


Vers le parc national, mais nous avons rebroussé chemin!

Etape 2 des vacances: Nalagarh Fort

Le Fort, repeint en bleu et blanc depuis peu

Le mercredi, après un bon repos mérité à Rishikesh, nous quittons donc l’Uttarkhand pour l’Etat voisin, l’Himachal Pradesh, en bus local. Je redoute un peu le voyage, la chaleur, le manque de confort du bus et la conduite « sportive » (pour ne pas dire inconsciente) des conducteurs. Finalement, le voyage ne fut pas si horrible, un peu long certes (7H de bus jusqu'à Chandigarh puis 1H30 de taxi jusqu'au fort de Nalagarh) mais aéré, et la route était magnifique, très verte avec pas mal de plans d'eau, du moins au début.


Le MP3 branché sur mes oreilles, je regarde défiler le paysage, qui s'accorde toujours avec les morceaux choisis. Avancer sur des routes inconnues de la musique plein la tête, ça me rend vivante, j'ai une folle sensation de liberté, l'impression que tout est possible, que le monde est beau.



Entre Chandigarh, ville quadrillée imaginée par Le Corbusier, et Nalagarh, petit village où nous nous rendons, nous avons croisé beaucoup de longues cheminées rouges, celles qui vont jusqu'au ciel et crachent une épaisse fumée noire. A côté, tout le long de la route, des briques rouges empilées, la brique indienne de taille irrégulière et légère. Egalement sur le bord de la route, un peu plus loin, beaucoup de marbre exposé.


La piscine, un vrai bonheur!

On a quand même dû prendre un petit coup de chaud dans le bus, résultat, nous sommes restés les deux jours comme des prisonniers au Fort! Du coup, on n'a rien vu des environs, notre seule visite a été celle du même Fort avec le manager. Il est très mignon, aux couleurs de Sidi Bou Saïd, petite bourgade tunisienne que j'avais visitée quand j'étais ado.

Loin d'égaler les forts du Rajasthan où j'ai eu la chance de séjourner, celui-ci est calme et agréable, et offre une vue plongeante sur les temples environnants et le village. Et puis, à noter, le bar, qui a une décoration toute particulière, non pour nous déplaire.

Vue sur la salle de conférence

Pas de belle photo du bar malheureusement, mais imaginez une salle un peu vintage, avec tout un tas d'objets anciens accrochés au mur: fusils, cadres sepia, peintures et miroirs. Les pièces qui composent le bar sont chargées de mobilier d'époque, fauteuils "habillés", tables basses de marbre, vases posées sur le manteau de cheminée, et une télé pas tout à fait dans son élément. Même les fioles d'alcool font figure de collection de coquillages, bien installées dans une étagère vitrée.

Un canapé en cuir fait face à une immense baie vitrée, qui donne vue sur la résidence particulière du Maharaja (une annexe du fort). Dans une autre pièce, on trouve un petite salle de billard dontle mur est jonché de caricatures plus marrantes les unes que les autres. Elles se moquent des grandes figures indiennes, maharajas, castes et religions. Je regrette de ne pas les avoir prises en photo...


Je ne vais pas m'étaler sur ce WE farniente à Nalagarh, mais retenez la destination si vous souhaitez vous un WE tranquille au bord d'une piscine! Et puis, pour les courageux, il y a des choses à voir dans la région, des visites que l'hôtel vous arrangera avec plaisir!

Le petit temple du fort

La salle de petit-déjeuner

Le petit-déjeuner


Etape 1 des vacances: Rishikesh Valley

Rishikesh, ça vous dit quelque chose, le nom sonne familier à votre oreille... Et pour cause, j’en ai déjà parlé plusieurs fois sur mon blog… c'est un peu ma destination phare! Mais cette fois-ci, le concept changeait un peu. Pas de petit GH qui surplombe le Gange sur Lakshman Jula, pas de squattage prolongé du bien bon Little Budha Café. Cette fois, j’allais connaître la nature et les collines environnantes de Rishikesh ; nous avions réservé un petit bungalow en bois à Rishikesh Valley, un petit camp écologique situé à 10 km de Lakshman Jula, le quartier touristique de Rishikesh.


Le petit bungalow en question...

J'ai l'habitude de voyager en train couchette, mais là nous avons voyagé en train de jour, avec des sièges et des vendeurs de pizzas, de burgers et autres qui passaient toutes les 10 min, ça nous a beaucoup plu. Après avoir trouvé, non sans peine, notre taxi à l’arrivée à la gare d'Haridwar, nous roulons près de 2H (je soupçonne le chauffeur de s’être un peu trompé de chemin) avant de s’arrêter au milieu de nulle part. Enfin si, au milieu d'une route obscure entourée d'une multitude d’arbres.

Tout en bas, à gauche de la route, des lumières scintillent, Rishikesh Valley sans doute. Un boy vient nous chercher, lanterne à la main, et porte nos sacs. Je pense que, Ghislain comme moi sommes tombés amoureux de l’endroit dès les dernières marches descendues (il faut descendre – ou monter – pas mal de marches pour atteindre l'endroit !). Le couple de propriétaires nous attendaient, et avaient gardé notre dîner au chaud, ce qui, bien sûr a achevé de nous conquérir.

Home made food

Nous avons d’abord posé nos affaires dans notre petit bungalow, tout simple mais tellement mignon, installé la moustiquaire au-dessus du lit, avant de prendre place devant le couvert mis pour nous dehors. Autour de nous, ce n’est que calme et paisibilité ; on peut presque entendre la nature respirer. C'est un trou de verdure où le seul réveil matin est le chant des petits oiseaux.


Un crabe sans sa mer...

L'autre bonne surprise, c’est la nourriture faite maison, délicieuse. Ghislain goûte des choses inconnues pour lui, le dâl, les chapattis, les ladyfingers, aloo gobi, etc. Je lui fais aussi découvrir ma boisson préférée en Inde, la lime soda, de l’eau gazeuse et du jus de citron, si désaltérant…

Deux jours entiers nous attendaient ; idéal pour se reposer, et faire (en théorie) pleins de choses ! Nous avions décidé de passer le premier dans les alentours de Rishikesh Valley, et le deuxième à Lakshman Jula, histoire que Ghislain découvre aussi tout ce qui m’avait ravie la première fois à Rishikesh : le Budha Café, le Gange, le shopping et la puja (cérémonie religieuse près du Gange). Et effectivement, le premier jour fut rempli de cascades fraîches (mais malheureusement souillées par les Indiens de déchets), de singes rigolos et de balades dans les collines, ainsi que de la visite commentée du jardin de nos hôtes, avec assez d’herbes aromatiques pour soigner une colonie.

La cascade

Un immense manguier apporte un peu d’ombre à la table extérieure de RV; c’est la première fois que je vois un manguier chargé de fruits ; les mangues, petites et vertes, sont retenues à l’arbre par d’épais fils jaunes. Si elles ne sont pas encore mûres, Subhudi en fait de délicieux chutney, avec de la menthe, qu’elle sert en accompagnement des plats.


Le deuxième jour fut moins « réussi », par ma faute! Extrêmement fatiguée, je n’ai pas pu décoller le matin, et notre taxi pour Rishikesh ne nous a pas attendus! Ensuite, une fois dans la ville, je suis restée allongée au Budha café les trois quarts de l’après midi… non, ce n’était pas une excuse !! Le pauvre Ghislain n’aura donc pas connu la puja, ni même mis le pied dans un temple ; par contre il aura eu un bon aperçu de la carte du Budha, et ça, ça vaut toutes les idoles du monde J

Fabrication artisanale de chhay

Ghislain au Budha Café

Le retour au bungalow fut un peu galère: pas de taxi de ce côté du pont, personne ne connaissait Rishikesh Valley, mais finalement une bonne âme nous ramène en jeep (pour un prix peu modeste).

Nous arrivons tard chez nos hôtes; mais de nouveau, le repas nous attendait au chaud...



Vue de Rishikesh et du Gange

1CC'est à regret que nous quittons cet endroit le mercredi matin, pour continuer sur le chemin des vacances...


3 semaines en Inde, 2 semaines de vacances et un WE à Neemrana!

Introduction - pour vous mettre en appétit!

Le Mc Veggie indien, 50 cts d'€, goûté et approuvé par un grand connaisseur Mcdotien

(note interne: ceci relate des vacances antérieures à mon arrivée à Pondicherry -mai 2010)

Laisser tomber Delhi pour un temps, troquer la chaleur écrasante de cet immense monstre pollué contre la fraîcheur des bois et des cascades, le bruit des petits oiseaux qui chantent, le froissement des arbres qui ploient sous le poids des singes qui se balancent entre les branches. C’était le but de nos vacances avec Ghislain, et l’objectif a été atteint ! Nous avons découvert de chouettes endroits perdus dans la nature, profité de paysages exceptionnels confinés dans les montagnes, goûté une cuisine variée et bien moins épicée qu’au Rajasthan, varié les activités chaque jour… les vacances furent bonnes ! Je vais, comme à mon habitude, découper le récit par étapes, j’aime la solution de facilité ! Et puis comme ça, ça tiendra en haleine les quelques lecteurs fidèles de ce blog. Au menu donc, l’Uttarkhand, avec Rishikesh Valley. Puis la grosse partie, l’Himachal Pradesh, avec, dans l’ordre, Nalagarh et son fort à la Sidi Bou Saïd; Gushaini et la fameuse Raju’s GH; Naggar, demeure du peintre Roerich; Manali, endroit très prisé des jeunes mariés indiens; Dharamsala ou plutôt Mac Leod Ganj, le Petit Tibet. Enfin, pour finir, un autre état, le Penjab, avec Amritsar, à côté de la frontière pakistanaise. Et si vous êtes sages, je vous ra conterai peut être notre WE de 3 jours à Neemrana...



mardi 29 juin 2010

On vit dangereusement...

Un jour de boulot comme un autre. Légèrement plus chargé peut-être, dernière semaine à Delhi oblige! Un peu plus frais que les jours précédents, à peine 42 degrés (contre un bon 48 lundi dernier), un taux moins élevé de coupures de courant. Tout allait bien donc... Et pourtant, à cinq heures de l'après-midi, bruit d'explosion dans les bureaux (petite explosion, pas explosion-terroriste). Je lève les yeux vers la salle où trône le serveur de la boîte pour voir nos deux informaticiens s'y précipiter, l'air paniqué. Le temps d'échanger un "oh-oh" avec Eva, les ordis s'éteignent, et ceux qui n'ont pas encore le réflexe de sauvegarder leur travail régulièrement ou en cas d'alerte (le bruit d'une explosion est, au même titre que le sifflement habituel qui retentit en cas de coupure de courant imminente, considéré comme cas d'alerte) perdent leurs données en pestant. Cette fois-ci, pas trop le temps de pester, de la fumée se dégage de la cage d'escalier, il faut évacuer. Notons la tranquillité indienne et contagieuse: tout le monde reste zen.

Ah, qu'il est loin le temps des fausses alarmes incendies du collège! Ne prenez pas vos sacs, tous en rang, un par un, pas de panique... Nous, Shantiwallas, prenons le temps de récupérer nos affaires et de tester la cage d'escalier avant d'estimer qu'elle dégage trop de fumée puante, avant de descendre timidement par le balcon des directeurs. Un étage plus bas, nous sommes dans l'obligation de passer par l'escalier, qui est recouvert d'une épaisse couche de poussière jaune-blanchâtre. C'est le générateur qui a pété; en même temps, vu les installations électriques en Inde (cf photo ci-dessous), je ne suis qu'à moitié étonnée!




Je m'inquiète pour notre petit gardien indien tout gentil, qui réside non loin du gros générateur; il va bien, mais il est couvert de blanc des pieds à la tête, en passant par sa moustache!

Nous, Shantiwallas, restons un moment à contempler le building et à se demander que faire, rentrer, rester, rester, rentrer... c'est qu'on n'est pas habitués à être libres à 17H! La plupart râle pour tout le travail qu'il leur restait à faire, moi compris... Et puis, il faut bien se résigner, le générateur ne sera pas guéri de si tôt, il faut prendre le chemin du rickshaw.. C'est là qu'on regrette aussi de ne pas être dans une ville plus agréable que Delhi, une ville où l'on se serait dit chouette, allons prendre un pot tous ensemble! Au final, nous sommes 5 à aller profiter du Mocha Café, et, une fois les soucis de travail un peu mis aux oubliettes, j'avoue que ça fait du bien d'avoir une vraie soirée devant soi !

Le lendemain: me voici chez moi, aux alentours de 15H00... cette fois-ci, nous avons eu le bon goût de nous arrêter avant que tout ne pète... Aux USA, il y a les "snow days", et en Inde les "explosive days"!