Sur la route de Gushaini, un temple perché dans la montagne...
Il y a longtemps, bien longtemps de cela, peut-être dans les trois mois après mon arrivée en Inde et mon installation à Delhi, je tombai sur un article du magazine Outlook Traveller, qui classait les 100 incontournables de l'Inde. La Raju's GH figurait parmi eux.
Voilà comment on accède à la Raju's!!!
Je n'avais de cesse d'en entendre parler, mes boss s'y rendant régulièrement. C'était apparemment le Paradis sur terre. Je l'ai donc allègrement inséré dans notre parcours de vacances, et, tant qu'à faire, j'en ai mis deux nuits.
Effectivement, la Raju fut sans aucun doute l’apothéose de notre voyage; un accueil formidable, une cuisine à tomber par terre, une nature luxuriante et apaisante, et enfin, pas moins de 9 pièces pour nous tout seuls! Raju nous a prêté l’étage du dessus de son adorable bicoque en bois. Discret, cet Indien élancé et timide n’en est pas moins connu comme le loup blanc ; en voyageant dans sa jeep un peu plus tard, nous l'avons vu adresser de nombreux gestes de la main, son sourire discret au coin des lèvres.
Comme tout paradis et autres jardins d'Eden, le chalet n'était pas simple à trouver... Petit village, aucune indication, zéro réseau pour appeler son propriétaire... La route étant très belle, rester une heure de plus dans la voiture ne nous a pas gênés outre mesure, d'autant plus que le chauffeur était d'une espèce rare, l'espèce cool-très sympa et marrant qui plus est.
Au micro carrefour du village, un attroupement de motos nous ralentit ; c'est en fait une épreuve du permis de conduire indien, qui consiste à tourner en rond autour d'un caillou !
La fameuse cuisine de Lata, la femme de Raju: c'est pour deux personnes ?!!!
Retournons à nos moutons, ou plutôt à nos vaches... après avoir interrogé de jeunes villageois, le chauffeur finit par s'arrêter sur le "bas côté', et tend le bras vers un petit chalet de l'autre côté du torrent. La Raju. Intéressant, mais comment on y va nous, à la nage dans l'eau glacée? Car le seul moyen d'arriver à la Raju's, et c'est aussi ce qui contribue à son charme, est de traverser le torrent sur une espèce de balancelle. Or, celle-ci est amarrée de l'autre côté. Notre gentil chauffeur use alors de sa grosse voix d'Indien pour alerter Raju et, quelques minutes plus tard, un jeune homme vient nous chercher: c'est le fils de Raju.
Et c'est parti pour une grande balade dans les environs!
Cette maison, c'est la maison de mes rêves : tout est en bois, jusqu'au plateau dans lequel on nous sert le café et ses biscuits. Un beau bois chatain foncé. Les toilettes donnent sur le torrent, on peut entendre le bruit de son courant. Une terrasse extérieure nous permet d'admirer la nature environnante, confortablement installés.
Les cerises de Raju en poche...
Le premier soir, après notre journée de voiture et après avoir pris possession de nos appartements, nous descendons sur les berges de galets pour voir le soleil se coucher. Déjà, nous avons trois nouveaux amis, qui nous accompagneront tout au long de notre séjour: Wouwou, Yéti et Balou, le trio de toutous de Raju, trop marrants. Ils vous suivent et vous "guident" dans toutes vos balades, trop heureux d'aller se dégourdir les pattes avec les amis touristes. Ils n'aboient pas et font leur vie, vont fouiller dans les fourrés, explorer les buissons éloignés, etc.
De retour "chez nous", le jus de pomme frais nous attend...
Touffedepoil (son vrai nom c'est Yéti, ça lui va bien aussi)
Le soir à table, le service est irréprochable et la nourriture exceptionnelle! Quelle ne fut pas notre surprise, le soir à table, de découvrir autant de plats!! Soupe, viande, poisson grillé fraîchement pêché (la truite est LE poisson de l'Himachal Pradesh), pasta, riz, salade, paneer indien, chapatti, jatte de crème dessert, le tout arrosé de jus de pomme maison (boisson typique de l'Himachal, mais le meilleur qui nous ait été donné de goûter est celui de Raju) !!! Ghislain et moi partageons l'amour de la bonne bouffe...nous étions donc conquis une fois de plus!
Le lendemain, nous nous levons avec une pêche d'enfer. Nos lunch sur le dos, nous partons explorer les environs, peut-être jusqu'au parc national. Raju nous a bien expliqué le chemin, ce sera une bonne journée de marche à pied et de bon air frais à stocker dans nos poumons. Nous voilà sur le chemin du village pour rejoindre les collines verdoyantes.
Il fait beau mais bon, et c'est un vrai bonheur de découvrir le paysage en marchant. Au bout d'un moment, Ghislain s'arrête pour découvrir des kilomètres de cannabis, une "marée verte à ciel ouverte". Ici la feuille interdite pousse comme les orties à Château-Renaut (chez mes parents), sauf qu'à mon avis on en fait autre chose que des soupes !
Le soir, après un nouveau repas tout aussi gargantuesque que le premier, Raju nous allume un petit feu de cheminée, et nous restons là, à regarder les braises s'épuiser dans l'obscurité. Aucun de nous n'a envie de repartir le lendemain matin!
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