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vendredi 5 février 2010

Paris - Delhi, Tome II

J'ai dit oui!!! Oui, oui, oui, j'ai signé, rempilé pour un an dans ce pays qu'on ne peut se représenter sans y avoir mis les pieds. Oui à cet univers, mon univers, mon quotidien poussiéreux, dérangeant, irritant parfois, mais toujours coloré et épicé.

Le 25 Janvier 2010, je posais donc, pour la deuxième fois, un pied non pas sur la lune (mais presque), mais sur la terre indienne. Je suis descendue de mon avion avec une certaine appréhension; parfois, connaître ce qui nous attend rend les choses plus difficiles. En tout cas, plus difficiles pour moi que de me lancer en terre inconnue. C'est l'odeur que je craignais le plus de retrouver; cette odeur si particulière à l'Inde, que je ne saurais décrire. En l'espace d'une seconde, on passe d'une odeur agréablement épicée à l'âcreté envahissante de la pisse humaine... pour ne pas dire autre chose!

Finalement, ce n'est pas cela qui m'a le plus frappée, mais cet intense brouillard qui s'est écrasé sur la ville de Delhi durant l'hiver, et qui a causé de nombreux retards et détournements d'avion. Il y a un peu de Lima dans cette grisaille, pourquoi faut-il que Delhi prenne justement le seul défaut de la capitale Péruvienne qu'elle n'avait pas jusqu'à présent?!! Dans le taxi, je laisse mes pensées filer...et je me rends compte que je redécouvre la ville. Bien sûr, je (re)connais, l'étonnement n'est plus vierge, mais quand même, il plane un sentiment de nouveauté dans mon esprit, comme si la distance (géographique et culturelle) était trop grande entre les deux pays pour pouvoir conserver un souvenir intact de l'Inde.

J'ai posé ma valise et suis partie travailler, après deux nuits blanches, comme si de rien n'était. J'ai retrouvé Okhla Phase I, la zone industrielle aux airs de bidonville dans laquelle je suis loin de rouler ma bosse. Les vaches sont égales à elles même, maigres, sales, le poil ras, impassibles devant les nuages de poussière soulevés par chaque véhicule qui leur arrivent droit dans les yeux. J'ai retrouvé Shanti changée et plus de boulot encore qu'à mon départ. Mais le boulot me plaît, encore plus qu'avant; j'aime par dessus tout ma nouvelle équipe multiculturelle.

Bien sûr, j'ai également retrouvé la négociation, parfois longue et pénible, avec des chauffeurs de rickshaw qui disent à peine bonjour et font exprès de traîner le nez dans leur chaî quand, à 22H30, vous ne souhaitez qu'une chose, quitter Okhla et rentrer dîner. J'ai retrouvé Maniram et sa petite famille, Shaleen et Valérie (malheureusement plus pour longtemps) et Heera, les joyeux colocataires de Shivalik... Mais il manque quelqu'un à l'appel; je n'ai pas retrouvé ma Céline, cette brunette drôle et patiente qui mettait de la vie dans cette maison. Tu me manques, Céline! Cindya, qui a pris sa chambre, est une allemande que j'avais rencontrée au Pérou lors d'un voyage dans le Nord du pays, et travaille maintenant avec moi chez Shanti. Pertes et retrouvailles, tristesses et joies d'un expat'...


La routine reprend vite le dessus, rickshaw boulot dodo. Tenue en éveil par une musique bollywood trop forte dans le rickshaw, assez forte pour couvrir les bruits de la rue et entraîner mes pensées, mes yeux vagabondent. Soudain, sur ma droite, deux sofas chatoyants nous dépassent, tirés par des hommes qui les ont hissés sur des charrette. Ils m'évoquent une affiche de film français, impossible de mettre un nom dessus, et, comme d'habitude, je regrette de ne pas avoir pris mon appareil avec moi. Ce sont ces moments-là qui, j'en suis sûre, me manqueront le plus dans quelques années.



Après avoir passé mon samedi de libre à glandouiller au lit (je m'en veux encore!), j'ai décidé, dimanche, de partir à la découverte de cette capitale que je connais trop peu. Avec Antoine, un étudiant rencontré sur le vol du retour Doha Delhi, je suis donc allée visiter la tombe de l'empereur Humayun, un complexe d'architecture moghole du XVI eme siècle (voir les photos). Quelle en fut pas ma surprise en découvrant sa grandeur et sa tranquillité: un havre de paix au milieu de Delhi, un mur du son qui arrête jusqu'aux bruits de klaxons incessants.




Après avoir fait le tour du complexe, et regretté de n'y avoir pas pique niqué, nous avons pris un chai près d'une sorte de maison en bambou, entourés de verdure et accompagnés des chants des perroquets verts qui se confondent avec les feuillages. En prenant le chemin de la sortie, nous découvrons encore des ruines, encore des coins à explorer. La lumière est magnifique, le soleil se couche et une petite brise se lève, il est temps de rentrer.

Je me suis promis d'essayer de profiter plus de Delhi, cette ville où l'on sent vraiment l'empreinte du passé et la force de l'histoire. Une histoire qui continue à vivre, non seulement à travers ses traditions, mais à travers sa culture et les gens qui y adhèrent. Visiter la capitale colle parfaitement avec mon nouveau projet, économiser pour faire bientôt un grand tour d'Asie du Sud Est...




2 commentaires:

  1. Tu me manques ici! Ici, point de ric-ric ni de vache faisant la queue devant une banque...
    Il est chouette ton message de nouveau retour! Raconte encore souvent...
    Des bisous
    Céline

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  2. Quelle belle description de Delhi chère Mathilde,j'ai vraiment hâte de découvrir cette ville si spéciale mais au combien attachante si je m'en tiens à vos impressions, je suis certaine que je vais être enchantée de mon périple.
    A bientôt
    Germaine

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