Partie 3: Un p'tit coin d'paradis, sans un coin d'parapluie
L'église de Shimla
Débarquement à la gare routière donc, une rue où se frôlent et se calent tant bien que mal tous ces bus brinquebranlants qui proviennent de et vont dans toutes les directions. Descendues au milieu de cette cohue, toujours chargées comme des bourriques, nous sommes immédiatement englouties dans une foule qui crie, bouscule, achète beignets et sandwiches et crache. Vite, vite, une issue!
Nous ressortons le prospectus de l'hôtel "Woodland" qu'un rabatteur nous avait glissé au passage dans la gare la veille, et nous décidons de nous mettre à sa recherche. L'hôtel fait face à l'église jaune; nous avançons à petites foulées vers le marché qui s'étale sur les hauteurs de Shimla. Je vois déjà presque une larme perler dans l'oeil de ma co-voyageuse.
Un porteur sachant porter...
Effectivement, nous ne sommes pas au bout de nos peines, ou de notre souffle. Nous grimpons, nous inquiétant de demander parfois si l'église est encore loin. A quoi bon demander son chemin en Inde de toute façon, jamais personne ne vous répondra qu'il ne sait pas, il vous indiquera plutôt une fausse direction. Céline me suit un peu à la traine, sursautant à chaque fois qu'un singe fait irruption dans son champ de vision (surtout ne pas les regarder, c'est le guide qui l'a dit). Heureusement, la marché fait passer les minutes plus vite, nous observons les vitrines de sucreries devenues soudain si savoureuses à notre palais, repérons les marchands de couvertures en prévision de l'hiver à Delhi, et survolons les babioles en tout genre. Le marché n'a rien d'exceptionnel, il est surtout fait pour les besoins quotidiens des autochtones.
Après avoir grimpé, soufflé, un autre rabatteur nous convainc de nous rendre au Dreamland. Enfin, ce qui nous convainc en vérité, c'est qu'il nous paraît bien plus près et moins élevé que le Woodland! Au final, les deux étaient sans doute équivalent, car il nous a fallu passer devant l'église et continuer à monter. En découvrant le coeur de Shimla, nous ne regrettons pas du tout d'avoir fourni tous ces efforts; c'est si paisible, si mignon, et la vue est magnifique.
La chambre est modeste, mais moitié prix car nous sommes en basse saison. Une fois installées, nous nous empressons de retourner 'au mall", cette grande rue piétonne dont les maisons et constructions évoquent fortement la Nouvelle Angleterre. Un vrai coin d'Europe, j'adore, j'adhère! Tout paraît propre, on trouve même des poubelles disséminées le long de la promenade, chose plutôt rare en Inde. La ville interdit d'ailleurs l'usage des sacs plastiques, comme nous ne tardons pas à le découvrir après une brève scéance de shopping (encore une fois, on ne se refait pas...).
La nuit tombe vite, et le froid avec. Nous faisons encore quelques pas dans cette charmante ville qui a su nous conquérir en deux heures, profitons du bonheur apparent des passant et de l'odeur de barbe à papa qui flotte dans le ciel. Nous ne pouvons résister à l'appel de la librairie, et c'est là que nous rencontrons... Mme M.
Mais qui est donc cette mystérieuse Mme M.? Retraitée, la cinquantaine, un peu dure d'oreille parfois, mais gentille, Mme M. voyage régulièrement en Inde, depuis quelques années. Mais, cette année, est-ce parce qu'elle s'est fait volé son argent dès le premier jour, Mme M. n'aime pas l'Inde comme d'habitude. Quelque chose en moi me pousse à l'inviter pour un petit-déjeuner matinal le lendemain matin avant notre départ en bus. En sortant, Céline m'accuse de vouloir augmenter mon karma ;-)
Le lendemain donc, nous retrouvons notre nouvelle amie pour un petit déjeuner simple, dans un restau chinois. Puis, nous filons, le bus démarrant à 11H pour nous rendre à Ghumarwin, petit village proche de chez Amul, qui se marie et chez qui nous nous rendons. Il pleut et la pluie, sans gâcher le paysage, nous rafraîchit tout de même un peu. Hors de question de louer un taxi, trop cher et trop long car il serait obligé de contourner toute la ville pour nous mener à la gare.. On nous propose donc de louer ... un porteur:!!! Vive l'Inde, nous voici trottinant derrière un pauvre Indien tout sec, affaisé et courbé sous le poids de nos gros sacs. Tout ça pour moins d'un euro chacune...
Nous voici dans le bus, assises près de la porte que personne ne referme et qui s'ouvre pour un rien. Je passe un voyage un peu mouvementé. Ma seule phobie en bus est qu'il y ait un ou une malade, et, bien sûr, sur des routes comme celles que nous avons empruntées, ça ne loupe pas... Une petite vieille passe les 4H la tête par dessus sa fenêtre à repeindre le bus. Ajoutons à cela la peur des voyages en bus indien (au moins un accident par semaine répertorié dans la presse, et de nombreux cadavres de mini bus et bus calcinés repérés à travers la vitre)...
Céline, pas en grande forme avec tous ces virages, tressaille à chaque fois qu'on est un peu trop près du précipice, qu'on double juste avant un virage ou qu'on freine un peu trop abruptement. Et, pour ajouter à l'expérience du bus local en montagne, je me vois dans l'obligation d'arrêter lebus pour aller au p'tit coin. Comme il n'y avait rien sur la route, j'ai dû me la jouer indienne... exposée au regard de tous, j'ai ravalé ma fierté tandis que le bus m'attendait dans un virage au bord de la route nue...
Enfin, après 4H de route, et alors que nous en attendions bien plus, quelqu'un a la bonté de nous signaler que nous sommes arrivées à bon port. Super! Nous descendons de cet affreux bus strié de restes mal digérés, toutes heureuses d'avoir un peu de temps à nous pour découvrir un nouveau petit village!! La suite au prochain (et dernier) épisode...
Depuis l'hôtel Dreamland
Enfin un paysage clairsemé qui permet la respiration au milieu de tous ceux que tu nous a présentés (oppressants par la foule omniprésente, aux senteurs des sécrétions/excrétions corporelles) plus proche des villages européens, sans doute un vestige de la colonisation anglaise, dreamland c'est bien trouvé pour (l'hotel, mais ils le sont tous, ce qui m'a toujours interpellé , qui paye qui, quoi?) , quelle en est l'histoire? De même quelle signification à apporter à tous ces paysages, dans le fond banaux, qui ont été transformés par la "main" de l'homme; quel type d'arbre? de flore, de faune? J'ai bien aimé aussi ta photo avec l'oiseau, un merle, perché sur sa branche. Par ailleurs, quel type de sucrerie trouve-t-on à part la barbe à papa, A partir du sucre de mélasses? Je me souviens en fin de repas, qu'on nous distribuait des petits sachets avec graines d'anis, des petites boules rouges sucrées etc.. J'en ai vu aussi sur le marché d'épices à Amboise...Les découvertes humaines sont infinies, l'âme étant par définition insondable. Vivre dans un couvent en a attiré plus d'un, c'est justifié par la foi, mais le bouddha en quoi croit-il? Il est toujours riant, est-ce la façon de voir le monde? Maintenant l'hindouisme sans la réincarnation en des vies différentes, 7 en tout et puis qu'y -a-t-il au bout? Est-ce possible durant tes itinéraires de comprendre ces points de vue et de les harmoniser avec la nature ambiante? Bonne continuation, j'aime bien agrandir tes photos, ca nous fait participer.
RépondreSupprimerOula, que de questions!! Les sucreries, ce sont des gateaux très, très sucrés, aussi sucrés que ceux des pays arabes. Niveau constitution, c'est surtout à base de lait. Un exemple, les ladoos, tape le dans google, tu verras à quoi ça ressemble. J'en amènerai le 24, j'ai une très bonne boulangerie (façon de parler) à côté de chez moi. Pour les types d'arbres, aucune idée! J'ai vu des manguiers et des orangers dans le Nord, c'est tout ce que je peux dire! et il y a aussi celui qui sent super bon. Les boudhistes croient que tout le monde peut être un Dieu, à force de retraite et de méditation (au contraire des Sikhs, qui ne reconnaisse que leur grand livre comme Dieu). Le boudhisme est plus une philosophie en fait... je suis sûre qu'on aura un débat religion à Noël qui nous permettra d'aborder le sujet, lol.
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