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samedi 19 septembre 2009

Après les cités d'Or du Pérou, le Temple d'Or en Inde

Ce qui n'était qu'une vague idée lancée par Patricio, mon collègue argentin, nous rendre au Temple d'Or un WE, a donné lieu à une véritable colonie de vacances entre collègues et amis. Jour après jour, nous avons noirci la liste des inscrits pour un WE de pèlerinage vers le berceau de la religion Sikh.

Jusqu'alors, le Temple d'Or désignait pour moi le plus beau temple hindu de Benares (celui qui est interdit aux étrangers mais dont j'ai quand même franchi le seuil gardé, en échange d'une prière à Shiva). Mais le vrai Temple d'Or est en fait un temple du XVIIe du Nord de l'Inde, situé à Amritsar, dans le Pendjab, à 20 km seulement de la frontière pakistanaise.

Encore une fois, je me permets de vous renvoyer au blog de Céline pour plus de précisions concernant la religion sikh, faute de temps et de retard accumulé dans mes posts...

Partir en colonie de vacances prend du temps. Le temps de rassembler 19 personnes éparpillées dans une ville surchargée dans deux mini van ("tempo travellers"). Le temps de sortir de la capitale embouteillée, surtout lorsque, une fois de plus, la mousson vient mettre son grain de pluie. Nous avançons à pas d'excargots, entourés de gros camions qui cherchent eux aussi à s'échapper de la grande polluée. 2H plus tard, nous nous arrêtons comme prévu dans un "dhaba" (petite gargote) pour dîner... sauf que nous n'avons parcouru... qu'une vingtaine de kms?!!! ça promet pour les 452 restants...

(en Inde, il faut compter environ du 50 km heure... de quoi vous changer la vision d'un "long" voyage... la France ne paraît soudainement plus si inaccessible!)

Le dhaba est sympa, coincé entre les étalages colorés de boutiques vendant bocaux et sachets d'épices diverses, de petites boules digestives et autres condiments moins appétissants. Enfin, commence le vrai voyage, à mesure que le dhaba et ses bocaux hétéroclites rétrécissent dans le rétro de la tempo.


Un indice: c'est doré et ça brille au loin...

Enfin, après 3 arrêts sur la route et de nombreux coups de freins brutaux à m'en tordre parfois les entrailles, nous voici à Amrisar, presque 15H après avoir quitté Delhi.

(Je me permets d'insister, 15 heures pour parcourir 500 kms...)

Le soleil brille, la mousson ne nous a pas suivis. Alors que notre troupeau tente de se frayer un chemin dans la ville entre vaches, vélos et voitures, mon regard se pose au loin et un petit dôme doré se reflète dans mes pupilles...

Contrairement au Taj Mahal, il est possible d'apercevoir le temple sacré au loin, de le voir grossir tandis qu'on se dirige dans sa direction... Je presse le pas, mon coeur battant plus fort d'excitation. Tant de kilomètres trouvent enfin leur raison d'être!

A l'entrée du temple, il faut laisser sacs et chaussures en consigne (gratuite), enfiler un petit bandana gracieusement prêté (je choisis le doré, tant qu'à faire) si l'on ne veut pas en acheter un aux vendeurs ambulants, et tremper nos pieds dans un bassin purificateur...


Jalianwalla Bagh, Jardin du massacre des Sikhs par les Anglais en 1919...

Posé au centre d'un complexe blanc comportant diverses parties (salles des gourous, musée des sikhs, etc), le temple d'or trône au milieu de l'Amrit Sarovar (qui a donné le nom d'Amritsar), son bassin de nectar, dans lequel les sikhs viennent faire leurs ablutions, de concert avec les énormes poissons rouges qui nagent près de la surface.

Partout autour de nous, des Sikhs plongent sur le sol marbré et se prosternent pour prier. Il règne autour de ce temple une atmosphère de paix; cette religion m'apparaît saine, apaisante, et pourtant les Sikhs sont réputés pour être de féroces guerriers...en témoignent le petit poignard qu'ils ont toujours sur eux, et le musée sikh aux atroces peintures.

A chaque coin du bassin, nous admirons le temple sous un angle différent; je ne suis jamais rassasiée! Un grand arbre nous intrigue: un homme nous explique qu'il est très ancien. Apparemment, c'est l'arbre de la fécondité. Si c'est ça, alors allons-y, touchons le et abandonnons quelques piecettes à son pied, par précaution, les 30 ans n'approchent jamais trop lentement...
Amritsar, la ville du doré...
Une partie de notre groupe
En Inde, il n'est pas rare que des garçons nous demandent des clichés avec (ou de) nous. Généralement, je refuse, l'ayant trop fait durant les deux semaines qui suivirent mon arrivée. Je n'accepte que s'il s'agit d'enfants, car j'aime entendre la cascade de rire qui les secoue quand ils se voient sur le mini écran de mon Panasonic. Cette fois-ci, c'est une petite grand-mère (cf photo ci-dessus) qui vient me supplier de la prendre devant le temple. Son neveu ou petit fils l'accompagne et appuie sa demande. Elle est belle...

Mon doigt appuie à plusieurs reprises sur le déclencheur. Elle est si sérieuse, la petite vieille, et si heureuse à la fois, que j'en ai presque les larmes aux yeux. Lorsque je lui montre le chef d'oeuvre, elle se fond en remerciements, jointe par son neveu/ petit-fils... Quelle est la valeur d'une photo numérique pour nous? Qu'en retire t-elle, cette femme frippée par le poids des années, de cette fraction de seconde où elle voit deux images superposées, la sienne et celle de son lieu de culte? Sans doute cette fraction de seconde lui servira t-elle à mémoriser cet instant magique et désormais immortalisé...


Un Sikh, son poignard et le bassin de nectar

Le tour du bassin est relativement rapide; la queue pour pénétrer le temple est si étendue que nous n'aurions pas le temps d'en faire le huitième; en effet, à 14H nous devons repartir pour la frontière pakistanaise, où a lieu chaque soir au coucher du soleil un étranger spectacle. Mais ceci fera l'objet du prochain post.


Attention, notez la selle dorée ;-)

Le temps de parcourir les 20 kms qui nous séparent du Pakistan, de prendre place dans l'arène, et de nous échapper des embouteillages le soir, lorsque tous repartent vers Amritsar, nous arrivons au temple vers 21H00, crevés. L'idée est de manger et dormir dans le temple même (enfin, dans les bâtisses qui entourent le temple).

Je tiens à préciser que le temple est entièrement régi par des volontaires Sikhs (tout Sikh est censé, au moins une fois dans sa vie, prêter main forte au Temple d'Amritsar). Leur organisation parfaite me bluffe; rien n'est laissé au hasard, tout est propre, et les volontaires sont toujours en activité et en harmonie, un peu comme une colonie de fourmis!

Les dortoirs du temple comportent des chambres plus ou moins grandes, tout à fait correctes. C'est gratuit, mais ouvert aux dons. Les toilettes sont d'une propreté irréprochable, bien plus propres, je suis sûre, que la plupart des hôtels des alentours. Affamés, nous filons dîner. En passant devant les cuisines, j'ai l'impression d'être projetée dans le décor de Charlie et la chocolaterie. D'immenses marmites laissent échapper des filets vaporeux aux odeurs alléchantes...

10 000 repas gratuits (toujours sur un système de dons) sont servis chaque jour, à quiconque prend place dans la salle prévue à cet effet, peu importe la caste, le sexe, la religion, la couleur de peau. Nous arrivons près d'un escalier où l'on nous tend assiette, couverts (enfin, une grande cuillère juste, comme de coutume en Inde) et un petit bol. Une fois en haut des escaliers, je crois défaillir en voyant le monde qui attend dans le couloir, assis sur le bord des portes vitrées du « self ». Mais, 10 minutes plus tard, la salle se vide et la valse des serpillères commence. En 2 temps 3 mouvements, la salle se vide, est nettoyée et se remplit pour un nouveau service !

Assis en tailleur, l'assiette posée devant moi, j'observe. Les serveurs passent entre les rangées sages avec d'énormes pots métalliques remplis de dâl et de légumes, et nous versent de grosses louchées dans l'assiette compartimentée. On reçoit les chapattis chauds en tendant nos demain vers la grosse corbeille qui cache le visage de l'homme qui les sert.



Le petite grand-mère devant sa photo

Le repas est délicieux, et il y a même un dessert, une sorte de riz au lait très sucré avec noix de coco et raisins secs. 15 minutes plus tard, je me dirige vers la porte, poussée par une serpillère qui crache une eau sale sur mes pieds. Il est temps de laisser place aux prochains affamés.

En redescendant, je m'arrête pour filmer un spectacle original. Les volontaires se balancent la vaisselle sale à la chaîne, un peu comme les Gaulois dans Astérix, pour illustrer. Le bruit dépasse les 90 décibels je pense, des bruits de métal qui cogne, de chariots qu'on roule, d'eau qui coule pour rincer les restes de dâl et de riz.



Nous faisons un petit tour de bassin, histoire d'admirer le Temple de nuit, tout illuminé, plus beau que jamais. Et puis à 22H, c'est la Cérémonie, celle durant laquelle on transporte le Livre Géant, du Gourou vers le Temple (je crois). Cette Cérémonie est répétée tous les matins vers 4H; la Bible fait alors le chemin inverse.

Il n'y a plus de queue devant le Temple. Nous nous dirigeons, pensant le trouver fermé, mais il est encore ouvert aux visites, quelle chance!! A l'intérieur, les Sikhs rangent et nettoient en chantant à l'unisson. Encore une fois, je suis bluffée... une telle harmonie, une telle paix... et un temple magnifique. Des finitions, des enluminures, et de l'or fin, partout. De grands lustres, des rampes dorées, une vue à couper le souffle à chaque étage (il y en a deux plus le toit).

Un Sikh perché sur trois escabeaux époussette chaque perle d'un immense lustre... un autre astique les rampes. Sur le toit, plusieurs hommes nettoient des pots, dorés bien sûr. Je visite le temple doucement, voulant m'imprégner de toutes ces sensations, faire l'éponge et me souvenir, de tout ce que mes yeux voient... Dans un coin, j'aperçois un homme qui pleure doucement...et de nouveau, je suis émue.




Le temple d'or, on comprend pourquoi...

Un sikh en train de prier

3 commentaires:

  1. Tu as vraiment de magnifiques photos la! Et tu écris tjs aussi bien... Sorry je ne lis pas tout mais j'essaie de me tenir au courant! C'est fou... Je devrais faire le même à Paris histoire de rigoler! looooool Alors, sur votre droite une poubelle qui déborde, sur votre gauche le métro pas doré, au pied du McDo vous trouverez un SDF qui crève la dalle (véridique), et un ptit gars méché en chemise rose qui passe devant... mouarf! Bon, ceci dit, j'ai un truc qui me trotte ds la tête depuis un moment mais il va falloir que je trouve qqn pour entrer ds mon délire... Audrey maybe??? allez bise poulette! Que bonito, que siga asi tu vida loca

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  2. c'est terrible... on n'en a jamais assez!; on va devenir dépendants.Pour ma part, je prie pour la "fécondité" du contenu du blog... remarque pour le reste, on est toujours assuré de l'arrivée des 60!(double des 30 comme il se doit), donc inutile de prier pour une autre forme de fécondité.Et tous les jours, je viens chercher ma dosette quotidienne, quitte à revisiter certains extraits à la recherche du bonheur trouvé dans ces quelques lignes. Merci ma "bibiche"...pour copier le papa poule parti il y a peu pour la capitale.

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  3. Merci...
    Pour les photos, malheureusement les plus belles ne sont pas de moi, mon appareil ne tenant plus trop la route... je rêve d'un nouvel objectif en ce moment, pour pouvoir visiter l'Inde et faire de pareils clichés...
    Y yo siempre compartiré tus "délires" mi querida Fred :)
    Et pour maman, ne t'inquiete pas, j'ai plus d'articles en gestation que n'importe quoi d'autres hihi
    Plein de bisous
    Math

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