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dimanche 1 novembre 2009

Enfin, un aperçu du Rajasthan!!!

Lit érotique - voir explications plus bas-

Le WE dernier, nos sacs à dos, Céline et moi avons fait un tour à Jodhpur, la Ville Bleue. Bleue, comme la couleur de ses maisons. Bleue, comme la couleur de la caste des Brahmanes (la première des 4 grandes castes). Bleue, comme la couleur qui repousse moustiques et chaleur pesante (très pratique lorsqu'on habite au Rajasthan). Vendredi soir. Comme d'habitude, nous prenons le chemin de la gare, Old Delhi cette-fois, dans notre touc touc branlant, un peu à la bourre. Old Delhi rime a priori avec gare pourrie. Mais pas du tout, la gare est bien plus vivante que sa consoeur de New Delhi! Et il y a même un Mc Do qui fait vente à emporter sur le quai...d'en face, manque de bol! Le temps de parcourir le quai dans les deux sens afin de trouver notre wagon (je lance ici un appel à la SNCF: s'il-vous-plaît, vendre le concept des panneaux d'affichage du TGV aux Indiens, Merci), et le train se met en branle, lentement. Comme d'habitude, des Indiens mal réveillés lui courent après et l'attrape au vol. Installées par erreur en première classe, nous sommes vite délogées et rejoignons nos couchettes habituelles de deuxième catégorie, troquant par la même occasion des voisins de première catégorie contre d'autres un peu moins...classes!


Rickshaw de Jodhpur, grande classe!

12H plus tard, nous sortons de la gare sous une chaleur déjà écrasante (la gare n'est malheureusement pas peinte en Bleu) pour découvrir les rickshaws Jodhpuriens. Et, si j'étais chauffeur de rickshaw, sûr que je m'établirais ici! Beaucoup plus spacieux, avec une tablette qui se replie devant les jambes et de belles photos en papier brillant pour les décorer, ils en jettent, ces super touc toucs!

Machine à coudre dans les rues de la ville bleue



Telles deux princesses dans leur carrosse jaune et noir, nous nous faisons acheminer vers la vieille ville, dans l'espoir de tomber sur une bonne petite terrasse où nous pourrions rassasier nos estomacs creux. Le panneau d'une petite Guest House sans prétention nous attire l'oeil: « Terrasse sur le toit. Petits-déjeuners ». Il n'en faut pas plus pour nous convaincre. Il faut croire que nous avons un bon kharma avec les guest house, car ce fût le début de bonnes rencontres. La famille qui y travaille se prend d'affection pour nous, et c'en est presque réciproque; nous voici embarquées pour un safari dans les villages bishnoïs des alentours pour le lendemain matin. Un "attrape touristes", nous en sommes conscientes, mais qui nous permettra au moins de bouger en dehors de la grande bleue. Je goûte au lassi au safran, spécialité de la ville, pas mauvais du tout. Je m'échappe quelques minutes et laisse Céline face à ses premières impressions qui se noient dans son café froid, pour essayer de trouver des cartes postales dans le dédale de rues qui s'échappent du petit hôtel. Peine perdue, mais c'est l'occasion pour moi de voir comment on fabrique les bangles, ces bracelets indiens qui brillent de mille paillettes et font gling gling quand on les porte par dizaine.

Le marché de la Tour de l'Horloge




Aiguillés par notre nouvel ami, le jeune propriétaire de la Sarvar Guest House (là où nous avons pris le petit-déj', et où nous prendrons la plupart de nos repas), nous allons visiter une haveli (maison nobiliaire) qui a ouvert il y a à peine un an. C'est toujours l'occasion pour moi de dénicher de nouvelles adresses pour l'agence, ou bien de visiter les hôtels avec lesquels on travaille déjà. Et visiter une haveli, c'est de toute façon comme visiter un beau musée. L'art rajpout, les peintures, le mobilier typique, les couleurs et les lits plus magnifiques les uns que les autres nous jettent au pays des rêves pendant quelques instants. Et si je revenais là un jour, avec mes parents, ma famille, mes amis, mon amoureux.

Puis, nous nous rendons au marché de la Tour de l'Horloge, la Big Ben de Jodhpur, une grosse pendule carrée qui s'élève dans le ciel bleu (qui bizarrement lui ne chasse ni moustiques ni soleil). En quête d'épices, nous tombons tout d'abord sur un genre de quincaillerie qui s'étale sur plusieurs mètres, à même le sol. Le soleil se cogne contre des clous, des outils, des scies, etc, pour former un patchwork de nuances de gris. Nos petites foulées nous mènent au coin des bangles, ces bijoux clinquants évoqués plus haut. Comment résister?!! Nos arbres à bracelets (oui oui, vous avez bien lu, nous avons déniché de superbes arbres à bangles en bois pour suspendre notre collection qui s'agrandit de semaine en semaine) ont beau avoir leurs branches lourdes de fruits, il nous faut absolument des bangles de Jodhpur.

Ne perdant pas de vue notre objectif initial, les épices (et surtout le safran), nous suivons péniblement un Indien qui nous mène à une boutique. C'est la lutte pour le suivre et ne pas le perdre parmi tous les marchands, les gens qui font leurs courses, les rickshaws de luxe. Cent fois nous le perdons de vue, cent fois il nous retrouve. Nous, les deux blanches un peu godiches vêtues de tuniques indiennes frippées par une nuit de train.

Quincaillerie

Bien installées en tailleur dans un magasin rempli d'odeurs d'épices et d'encens, nous reniflons, goûtons, admirons, réfléchissons. Quelle mixture, pour quel plat, il y en a pour tous les goûts. Nous ressortons, les bras chargés de nos achats de la matinée, épices, bangles et tissus. Il est temps de ralentir le shopping... et de déjeuner! A 15H, nous nous installons à la table d'un restaurant très local, face à la rue mouvementée. Jodhpur est une ville qui reste dans la gorge, très poussièreuse. J'ai la gorge sèche et les lèvres en feu. Cela dit, un sentiment plus qu'agréable m'envahit; les visages sont joviaux, les gens sympathiques, les maisons jolies, il règne dans cette ville une atmosphère authentique.

Folies de bangles


Clock Tower, le Big Ben de Jodhpur


Un "thali", genre de mezzé à l'Indienne


Le Palais du Maharaja, dont la moitié est aujourd'hui un hôtel de la chaîne Taj


Vue sur les remparts de la ville

Il est temps de monter au majestueux Fort de Jodhpur, le Merangarh, si on ne veut pas louper la visite, celle-ci fermant ses portes à 17H. Flemmasses que nous sommes, nous hêlons un luxueux rickshaw pour qu'il nous mène au pied de la merveille que nous nous apprêtons à visiter, audioguide en français sur les oreilles. Avec ses sept portes et sa succession de cours et de palais, ses vues magnifiques sur la ville en bas et sur l'impressionnant Udai Bawan, le palais désormais du Maharaja et hôtel de luxe de la chaîne Taj, le Fort nous en met plein la vue! Je reste un peu frustrée d'avoir dû accélérer ma visite, et ne pas avoir pu profiter de l'audioguide à ma guise. Et puis, il est trop tard aussi pour visiter le Taj Mahal de Jodhpur, un temple de marbre qui se détache du paysage. Dommage. Profitant du coucher de soleil depuis le Fort, nous prenons le chemin de notre QG, la Sarvar GH, pour prendre un petit snack, nos sacs et nous diriger vers d'autres horizons, celui des hôtels de luxe.


Un témoignage d'affection peu commun en Inde!

Le Fort de Mehrangarh

Pour fumer l'opium

Parvati



La ville bleue, on comprend pourquoi


L'hôtel que Amul, mon collègue, nous a réservé, se situe en dehors de la ville. Très loin, très loin, nous répète-on. Très loin, en langue rajasthani, ça veut dire à 20 minutes de rickshaw. L'arrivée à l'hôtel est très, comment dire, épique? Nous étions habituées à arriver dans de bons hôtels en pouilleuses, mais là, lorsque nous vîmes l'endroit éclairé dans la nuit noire, et qu'on nous offrit des fleurs, du jus de rose bien frais et des petites serviettes rafraîchissantes pour se débarbouiller à notre arrivée, j'ai soudain eu un doute sur la destination. Et Céline sur la gratuité ("Math, t'es sûre que c'est pas le p'tit déj' qui est gratuit juste?!!"). Très gênées, non douchées depuis la veille, je le rappelle, nous retenions un fou rire nerveux qui éclata à peine le porteur de bagages parti de notre suite. SUIIIIIIIIIITE!!!!!!!!! Une suite spacieuse, trois pièces, la chambre, le dressing room et la salle de bain! Sur le lit majestueux, tenez-vous bien, un éléphant en serviettes de bain nous souhaitait la bienvenue! C'est pas la classe ça? Ce soir là, en faisant trempette dans un bon bain bien chaud, j'ai réalisé à quel point..; j'étais sale! L'eau est devenue toute grise...



Notre chambre d'hôtel (au Jalamhand Garh)

Une baignoire, trop de bonheur!!



Céline dans la penderie (laquelle est une pièce à elle seule)

L'éléphant de bienvenue, en serviettes de bain


Les femmes au boulot, pays de machos ;)

Dur dur de quitter notre palace, le lendemain, lorsque la jeep est passée nous prendre pour le safari dans les villages Bishnoïs (les Bishnoïs sont une communauté végétarienne qui applique la non violence envers TOUS les êtres vivants -cafards compris-). Ce tour m'a évoqué les tours du Pérou dont je n'étais pas très fan, une espèce de tourisme voyeurisme où l'on se sent un peu obligés d'observer et d'acheter, la poterie, les tissus, etc. Qui n'a pour le coup aucune authenticité. Des gestes répétés des centaines de fois par jour par la famille pour amadouer des dizaines de groupes de touristes balladés en jeep. Mais bon, ça fait du bien de voir la nature, les animaux, et puis nous avons partagé la jeep avec un couple de français plus âgés mais fort sympathiques. Lors de la dernière étape, un bon repas avec une famille (l'équivalent de 5 familles chez nous), je suis restée bouche bée devant un petit bout de 15 mois tenant la position typique de l'Indien moyen, accroupi avec les talons bien plats sur le sol.


Moi et les bouses

Un berceau d'enfants


Des enfants Bishnoïs

Notre guide pour le "safari"

Femme bishnoï, on la reconnaît avec son anneau dans le nez


Une intruse






Sacré troupeau!

De retour dans la ville, nous partons visiter le Palais du Maharaja transformé en musée et en hôtel, sous couvert de mon agence. Mais pas de chance cette fois-ci, les deux pouilleuses se font refouler et partent visiter un autre hôtel. Mais le chauffeur de rickshaw se trompe d'adresse et nous mène dans un tout autre endroit. Hasards de la vie que j'aime beaucoup, je découvre alors une toute nouvelle haveli, très jolie, super bien située et dont le propriétaire, Archie, un Bombay-ien en retraite, collectionne les objets et les meubles antiques du monde entier. Véritable passionné, Archie nous parle pendant près d'une heure, nous faisant visiter son havre de paix et très fier de nous montrer... son lit érotique (cf photos en début de récit)! Nous finissons la visite par son restaurant, le Bollygood, référencé dans le Lonely Planet, restaurant à thème à côté de sa gallerie d'art.

Mais il est temps pour nous de rejoindre la gare, le WE est fini, et Delhi nous attend... 12 heures dans l'autre sens bercées par le son de mon MP3, et nous atteignons Delhi, pour découvrir une capitale frileuse. Autour de nous, les chemisettes ont cédé place aux manches longues, les chauffeur de rickshaw ont revêtu un petit marcel de laine par dessus leurs uniformes, et les plus vieux portent écharpes et même bonets! Petits joueurs va, tout ça parce qu'on n'atteint plus les 30 degrés... Mais qui nous ouvre la porte de Shivalik? Notre Maniram, la tête couverte d'un gros bonnet bleu et rose... Il n'y a pas à dire, l'hiver est à la porte!


Je réfléchirai à 2 fois avant de me faire faire des lunettes en Inde!!

2 commentaires:

  1. Super ce post!! J'adoore. Si je n'avais pas fait partie de l'expédition, ça m'aurait donné envie d'y aller! Céline

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  2. par contre pour le chapeau, ne réfléchis pas vas-y, lol! super ca donne envie de troquer ma vie de maman, boulot dodo, contre un bout de chemin ici!So

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