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mercredi 12 août 2009

Delhuge (27 Juillet au soir)

Ce soir, c'est mon premier pick-up seule. Comme une grande. J'attends patiemment l'heure où mon chauffeur passera me prendre en bas de chez moi. Seulement la météo ne l'entend pas de cette oreille... 20H, un gros orage éclate. Premier réflexe, débrancher l'ordi, traumatisme hérité de la triste fin de son prédécesseur un mois auparavant. Dehors, il pleut. Dedans (dans notre cage d'escalier), aussi. Rectification: dehors, le déluge. Je sors sur le balcon, et là, je crois rêver: en bas de chez moi, c'est une mer qui s'est formée, enlisant voitures et arbres. Tout à coup, j'ai un léger doute sur le bon déroulement de mon « ramassage de client » (cf video - si j'arrive à avoir 4H devant moi sans coupure de courant, ce qui n'est pas gagné donc patience).

Effectivement, la suite transforma le doute en certitude... 21H30, toujours pas de chauffeur... je tente de l'appeler, en vain. Je tente un autre numéro, celui du manager des transports de ma boite, en vain. Manager Ladakh, en vain... Où sont-ils donc tous?!! Je compose alors le numéro de l'aéroport, je n'ai jamais été très douée en proba, mais quelque chose me dit que les vols auront du retard... à moins que l'IGI possède une piste d'amerrissage... Une machine au fort accent m'annonce que le numéro est périmé et m'en donne un nouveau … que je ne saisis pas. 3 semaines à Delhi ne suffisent pas à déchiffrer l'anglais indien.

Je crois que de toute ma vie, je n'ai jamais autant scotché mon téléphone en un laps de temps si court. Confirmation du retard du vol ce mes clients; tant mieux car ils devraient déjà être à bon port, et je n'ai toujours pas décollé de Kalkaji... Ca n'en n'a pas l'air comme ça, avec ces quelques mots tapés sur mon écran, mais je n'ai pas arrêté de la soirée. Décrocher, raccrocher, décrocher, raccrocher... Observer le déluge. Décrocher, raccrocher, etc. Quelques dizaines de coups de fil plus tard, mon chauffeur finit par découvrir son téléphone et fait sonner le mien, pour m'annoncer que mon ma flotte est là. Enfin c'est ce que je crois comprendre, parce que l'anglais des Indiens est parfois plus que douteux (Extrait de conversation avec mon chauffeur... « When are you coming? » « Yes Madam »; «Non but, where are you now? » « Yes Madam ;« Do you actually SPEAK ENGLISH??? » « Yes madam, sorry Madam »). J'embarque Bénédicte dans mon carrosse hermétique, qui a aussi un pick up mais dont le chauffeur est encore loin, et c'est parti pour un tour en barque... dans les embouteillages!! C'est tellement plus drôle... Je me demande où se réfugient les gens de la rue dans ces cas là...

Je récapitule donc, il fait nuit noire, c'est le déluge, nous sommes dans les embouteillages au milieu de camions décorés de dessins colorés...et des gens font une espèce de grand barbecue sur le trottoir juste à côté. Je pique un fou rire nerveux dans la voiture, ce ne sont pas des sacs à mule que Shanti devrait nous fournir mais plutôt des canoës pour aller chercher les clients à l'aéroport!! Le moteur va t-il se noyer pour une fin plus dramatique?!

Négatif, nous arrivons finalement à l'aéroport... a t-on déjà vu un aéroport international sans système d'évacuation d'eau? Où les policiers règlent la circulation les pieds (nus) dans l'eau? Je descends vite de voiture, les clients sont arrivés depuis une dizaine de minutes... Des vaguelettes viennent nous lécher les pieds à chaque passage de taxi. Après la disparition du chauffeur (qui n'a toujours pas compris l'intérêt d'un téléphone portable), tout roule, dans tous les sens du terme. Même la voiture, qui pourtant perd un petit bout de sa carrosserie en chemin. 1H15 du matin, fin du pick up et de l'épisode mousson...

Le lendemain, en arrivant au boulot, tout est redevenu normal, comme si de rien n'était...
« Mathilde, la prochaine fois que tu as un pick up, pense à signaler aux clients qu'ils peuvent changer de l'argent à l'aéroport »... comme si de rien n'était... surréaliste mousson!

Article publié le lendemain sur Aujourd'hui l'Inde (très bon site pour suivre l'actualité de l'Inde)

Environ 69 mm d'eau se sont abattus sur la capitale indienne entre dimanche et lundi soir. A Noida, dans la banlieue est de New Delhi, un mur s'est effondré sous le poids de la pluie, causant la mort de 10 personnes au moins. Parmi ces victimes, il y a quatre enfants et deux femmes, selon la police locale.
Dans le nord de Delhi, un homme de 36 ans est mort électrocuté après avoir effleuré un poteau électrique endommagé.
29,4 mm d'eau sont tombés sur New Delhi en seulement trois heures. La pluie a fait des inondations dans certaines parties de la ville et créé des embouteillages monstres un peu partout, amplifiés par le dysfonctionnement de plusieurs feux tricolores. De nombreux vols à destination et au départ de l'aéroport Indira Gandhi ont été retardés de quelques heures en raison du déluge.
Il s'agit de la plus forte chute d'eau de la saison. Depuis le début de la mousson, plus de 450 personnes sont mortes à cause d'inondations et d'accidents liés aux pluies.

Comme dit mon frère, après le tremblement de terre au Pérou, la mousson en Inde... what next?!

1 commentaire:

  1. Où les Indiens se réfugient-ils quand il pleut autant que ça? C'est une question qu'on ne cessait de se poser en voyant tous ces gens errer sans demeure abritée.

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