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samedi 15 août 2009

Lundi 3 août: AMBER (à côté de JAIPUR), RAJASTHAN

Nous sommes si excitées que nous n'en dormons pas de la nuit; de toute façon, celle-ci promettait d'être courte, un taxi passant nous prendre vers 4H45 du matin pour nous emmener à la gare. En avance, nous patientons sur le quai avec un café trop sucré; ici Nescafé s'adapte au goût indien, on appelle ça le glocal en marketing... Assises sur nos sacs à dos dans la gare déjà en ébullition, on observe... Un chien allongé sur le quai, la queue pendante au dessus des rails; une vache qui se promène; des panneaux « interdit de fumer » et « interdit de cracher » (celui-ci me fait bien rire, empêcher un Indien de cracher serait comme l'empêcher de respirer); des dormeurs sur le bitume; des Indiens qui urinent ou défèquent dans un coin; des vendeurs ambulants... En passant sur le pont pour accéder à la plateforme, j'ai vu un homme étalé sur le sol et des secours autour de lui. Il était si maigre et si mal en point que j'ai détourné le regard, une fois de plus...

Confortablement installée dans le « Shtbdi Express » (en "chair car"), j'observe le paysage, loin d'être ravissant sur les premiers distances parcourues. Des kilomètres de bidonvilles se succèdent, autant de scenettes d'une vie quotidienne misérable qui resteront gravées dans mon esprit. Des gens qui vivent, tout simplement. Dans des maisons en cartons. Qui se lavent avec l'eau croupissante d'un seau, qui posent culotte n'importe où, qui se cherchent les poux (au sens propre du terme), qui jouent, qui marchent sur la jachère des slums, les détritus... où vont-ils, que font-ils de leur journée?? A travers la fenêtre, j'aperçois un petit oiseau au bec rouge qui sautille sur une patte à la recherche de quelques miettes; même les animaux sont estropiés en Inde!

Paradoxalement, bien à l'abri dans mon train, on m'apporte un journal (au choix en hindi ou en anglais), une grande bouteille d'eau minérale, et puis à manger, tout le temps... Un welcome drink d'abord (qui fait presque petit déjeuner), avec une petite bouilloire individuelle et un kit de thé pour se faire son masala chai. Puis, plus tard, le "vrai" petit-déjeuner. Ça c'est un train pour moi :-) Le menu indique « éclairs », quantité, 2. En réfléchissant deux secondes, je réalise que ça ne peut pas être cette délicieuse pâte à choux fourrée de crème patissière... en fait, ce sont des petits bonbons, des genres de toffees anglais.

Tout à coup, j'ai faim. Faim d'Inde. Soif de cette culture si étrangère à la mienne. J'ai envie de tout découvrir, d'en comprendre certains mécanismes, de parler l'hindi, d'aller voir des bollywood au cinéma, de chanter les chansons, de maîtriser l'histoire de ce peuple et les frontières de ce pays.
Le fort d'Amber

A l'arrivée de la gare de Jaipur, comme à l'arrivée de n'importe quelle gare indienne, il y a toujours quelqu'un pour nous sauter dessus et tenter de nous emmener vers une sortie autre que la sortie classique, soit-disant pour prendre un rickshaw à des prix compétitifs. Comme partout, nous inventons un bobard, détournons les talons, pour nous rendre compte que la personne nous suit à la trace, nous énervons, la renvoyons sans succès, nous serons talonnées jusqu' à ce que l'on s'éloigne avec un concurrents.

La Doongri Gusthouse, où je dois passer la nuit, se trouve à Amber, petite bourgade à 9km de la capitale du Rajasthan (Jaipur). Amber, ancienne ville fortifiée entourée de collines vertes et dominée par un magnifique grand fort dans les teintes jaunes et roses, sur lequel se reflète le soleil. Sur le chemin, on croise les éléphants qui transportent les touristes au fort. Notre chauffeur de taxi, Vicky (que je vexe un peu en lui disant qu'il a un prénom de fille...), est honnête et très sympa; heureusement, car le pauvre va tourner et tourner et tourner autour du petit village d'Amber pendant près d'une heure avant de trouver la dite guesthouse.
Il nous lâche tout d'abord au milieu de nulle part, devant une bâtisse blanche surélevée... C'est louche, je vais voir... il faut monter jusqu'à une terrasse où je dois enlever mes chaussures. Des Indiennes prient et me regardent d'un oeil malveillant. Mes pieds nus sur le sol brûlant souffrent, personne ne parle anglais mais j'ai bien compris que nous n'étions pas encore arrivés à destination.

Vue d'Amber depuis le fort

(…)
Marie Noëlle, la Française qui tient la guesthouse avec son mari musicien, Hameed, est là pour nous accueillir. Le pauvre chauffeur de taxi n'a pas gagné sa journée; lui qui voulait nous faire un revoir pour nous balader, il n'en est plus question! Je propose de le payer plus, il refuse...
C'est un havre de paix que nous découvrons alors, une charmante maison dotée d'un grand jardin, des petits fauteuils posés à l'entrée, de belles portes. Il n'y a que deux chambres, mais elles sont spacieuses et joliment décorées. Céline demande si elle peut rester avec moi moyennant supplément, mais Marie-Noëlle lui offre l'hospitalité. Pendant deux jours, nous mangerons comme des reines (mélange de spécialités France et Inde, pain fait maison, etc), chaï pris le soir à la lueur de la lune dans le jardin, paisiblement.


(…)
Il est temps de visiter. Pas le temps ni le courage de retourner à Jaipur, nous décidons donc de visiter le fort d'Amber. Seules, car les visites guidées et la balade en éléphants ne se font plus après 16H30. Le fort majestueux est tout simplement ... magnifique! A l'intérieur, des enfants nous parlent et veulent des photos, pas pour réclamer de l'argent, juste pour se voir en photo. Ils rient fort, des rires en cascade, un joyeux mélange de sons mélodieux... Nous apprenons un peu d'hindi avec eux. Puis nous faisons un rapide tour dans le vieux village; le marché, les petites rues ... j'évite de justesse un trou odorant dans l'une d'elles, les lattrines publiques sans doute...situées juste à côté d'un homme qui malaxe une pâte avant de la faire frire et de la vendre aux passants...


Le soir, nous restons pour un spectacle de son et lumière au fort, super joli mais difficile à suivre car en anglais, et que je me mélange un peu entre les moghols, les huns, les Rajpouts et autres maharajas, qui se battent et/ ou s'allient... et puis la fatigue de la nuit blanche se ressent, je somnole en regardant les différentes parties du fort s'illuminer de différentes couleurs au fur et à mesure que l'histoire se déroule. Si vous voulez plus d'information sur cette dernière, je vous invite à lire le guide du routard ou à chercher sur Internet ;-)


Avant le spectacle son et lumière...

Pour finir la journée en beauté, il nous est arrivé une petite mésaventure... Il faut savoir que, en Inde, jamais un chauffeur de rickshaw ne vous dira qu'il ignore tout de l'adresse où vous l'envoyez; il s'attendra à ce que vous sachiez votre chemin et, surtout, pas question de perdre un client. Seulement cela devient très agaçant lorsque, pour parcourir 1.5 km dans un tout petit village, le chauffeur met plus d'une heure, qu'il prend une espèce d'autoroute à contresens en répétant « Inch'allah », qu'il roule comme un taré sans regarder la route et que vous soyez obligée sur la fin d'appeler votre hôte pour qu'elle vienne vous chercher.
Nous descendons à toute vitesse et traversons la route en courant pour rejoindre Marie Noelle, qui nous attend derrière un magasin. Nous longeons ce dernier sur la gauche, entre les poubelles et je ne sais quoi, c'est ignoble tellement ça pue, nos chaussures s'enfoncent dasn la gadoue et nous avons peine à nous faufiler et à ne pas trébucher. Enfin, nous retrouvons notre hôte, et aussi le rickshaw, qui nous a poursuivi pour ses 20 roupies que nous avons retranchés au prix d'origine! Nous finissons les quelques mètres qui nous séparaient de la Doongri dans la voitue toute neuve de la guesthouse, que l'on protègera le soir même en croquant dans des pâtisseries rondes sucrées ramenées du temple par la fille de Marie-Noëlle.

Alors que nous buvons un chaï à la cardamone, sous une lune presque pleine, je reçois un appel de Sunny, un Indien qui vient de la part de Nico (un ami Français que nous avons hébergé une semaine). Nico a rencontré Sunny à Jaisalmer et lui a demandé de prendre soin de nous lors de notre passage à Jaipur et, coincidence, ce dernier habite juste derrière la guesthouse de MN!! Il propose donc de passer nous prendre le lendemain et de nous faire une visite de la ville des pierres précieuses...



1 commentaire:

  1. Quentin vient de me mettre en route le nouvel ordi (avec pour le moment son grand écran) et là, tout à coup, les photos en grand sont encore plus belles que ce que j'imaginais! Vive les "outils" perfectionnés!

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