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dimanche 26 juillet 2009

Dimanche 12/07: Delhi-rant (les contrastes de l'Inde)

Je m'autorise une bonne grosse grasse mat', en prévision de la tonne de boulot qui devrait arriver par la suite chez Shanti... Lever midi donc, bizarrement je n'ai toujours pas faim, je croque nonchalamment dans une pomme. On m'appelle, pour me proposer un brunch au champagne au Hyatt, un hôtel 5 étoiles. Pourquoi pas, j'ai oublié de prévoir une visite de Delhi de toute façon...

On passe me prendre en jeep; la jeep bizarrement ne se fond pas trop dans le décor de Kalkaji... Et c'est parti pour une visite de Delhi by day; ville toujours aussi hétéroclite et insaisissable, inracontable. Une déviation, accident de métro ce matin, 5 morts, moi qui avais envie de l'essayer... Par la fenêtre, j'observe. Des Indiens qui se lavent les mains d'une eau dégoulinant d'un camion citerne, des gosses rachitiques et noirs de crassent qui mendient, des travaux boueux, des saris à moto, un Mc Do affichant le Monti Mahal Delux, des culs de voitures et de camions tamponnés de "Horn" et "Relax", ce que tout le monde n'hésite pas à faire (pour la partie « horn » du moins).

Je vous passe le brunch italien (non pas au champagne mais au vin pétillant et aux martinis ananas); l'hôtel suinte le luxe et la propreté; le service est attentionné (quoique lent, encore une fois, similitude avec le Pérou)... Un énorme bouquet de fleurs comme je n'en n'ai jamais vu précède les marches de marbre à l'entrée, une grande piscine domine le coin de verdure protégé du palace... En haut des escaliers, des vitrines de chocolats et de gâteaux captent la clientèle aisée -même si l'on peut dire au premier coup d'oeil qu'ils ne sont pas bons, ce que l'on vérifira par la suite-. Le Hyatt, empire du 5 étoiles.

Nous sortons vers 5H de cet empire, et nous voici sur le chemin d'un autre empire, celui des grands designers qui dominent le monde. Emporio, Gucci, Dior et compagnie, tous regroupés dans un même centre commercial pour riches indiens et expat'. Sur la route de la mode, un âne traverse la rue... signe annonciateur de l'énorme bidonville adjacent. L'Inde et ses contraste... D'un côté, on fouille les gens et leurs voitures (que l'on gare pour eux), de l'autre on fouille la terre et les détritus...

A l'intérieur de l'empire moderne, tout est très sobre, blanc, avec des lustres qui scintillent et une piano à queue qui chante doucement sous le doigté habile d'un Indien, accompagné d'autres instruments. Tout est à l'image des diamants Cartier exposés en vitrine, sobrement. La qualité contre la quantité. Personnellement, je n'aime pas ces vitrines... Nous prenons un café chez Tiffany, j'ai l'impression que les gens autour de moi s'ennuient à mourir.

Sur le retour à Kalkaji, nous passons devant le bidonville, une montagne de terre avec divers objets qui traînent, un pneu, un vieux fauteuil qui trône fièrement au-dessus de la monticule poussièreuse... Des enfants courent nus et se détachent de la ligne d'horizon des tas de boue et de cailloux. Un peu plus loin, des groupes d'enfants à moitié nus se lavent dans un coin, enfin se versent de l'eau sur le corps, près des travaux... partout des marchés, des fruits et légumes mal présentés, des étalages de pauvreté.

La bonne blague, c'est que en arrivant à l'appart, je rentre dans ma chambre, qui est en fait, rappelons-le, le salon, sans rideaux, sans clim et sans salle de bains -mais avec un accès balcon-, et là, la porte claque et … ô rage ô desespoir, impossible de la rouvrir!! Hé oui, Inde ou pas Inde, on retourne vite à ses propres petits soucis égoïstes...

Me voilà prise au piège dans ma propre chambre. Bene, qui a un pick up client à minuit (je vais adorer mon taff je vais adorer mon taff...), dort un peu et mes deux autres coloc ne rentrent pas ce soir... chouette!! Prenons les choses du bon côté, mes intestins reposent en paix pour le moment, donc rien de grave. On m'avait prévenue que la porte parfois se coinçait; et un couteau est à disposition pour la décoincer de l'autre côté de la porte, mais pas du côté chambre::) Happy ending pour moi, Bene m'a finalement délivrée vers 22H ;-)

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