Comment l'oublier, et pourtant c'est comme si je le redécouvrais à chaque nouveau rickshaw pris le matin. Sur le trajet, il y a toujours quelque chose d'inédit, un petit détail qui m'avait échappé jusqu'alors (ex. les voitures replient leurs rétros latéral), une posture amusante des vaches, etc.
Et l'inédit d' il y a quinze jours n'est encore pas passé dans la catégorie « normal ».
Comme cela arrive parfois, galère pour trouver un rickshaw pour Okhla (le quartier où je bosse), la plupart refusant de nous emmener ou exigeant des prix bien trop élevés. L'un d'entre eux finit par accepter, avant de tranquillement commencer son petit déjeuner... en bonnes Françaises qui se respectent, un petit grognement aigri et agacé sort de notre bouche et c'en est fini pour celà-là qui nous envoie au diable! Et moi qui pensais que les Indiens voulaient travailler coûte que coûte, ne serait-ce que pour 3 roupies, mes clichés sont mis à rude épreuve.
Les odeurs m'assaillent, voire m'agressent plus qu'avant. Plus que la pollution ou la nuisance sonore (à laquelle j'ai dû finir par « m'habituer » au Pérou), plus que la saleté partout et la chaleur pesante et humide, ce sont elles qui me dérangent le plus. Parfois agréables, mais le plus souvent écœurantes. Un mix entre l'odeur de l'engrais des campagnes françaises lorsqu'on cultive les champs, les décharges publiques et les caniveaux.
Sur la main road, du linge est étendu. Qu'on m'explique l'intérêt de laver du linge si c'est pour le sécher aux pots d'échappement et à la matière grise de Delhi. Plus loin, un Indien balaye … l'eau de la mousson, signe déclencheur d'un rire franc de ma part. Moins drôle, les enfants qui pataugent dans la gadoue et les poules qui se grattent la patte et se nourrissent dans les tas de détritus puants... un instant l'omelette de la veille me revient à l'esprit.
Pour la première fois depuis mon arrivée dans ce pays, je ne me sens vraiment pas bien, fatiguée, épuisée même, avec les symptômes d'une grippe je crois. Ce qui ne m'empêche pas de tester le dhaba du coin, sorte de petit restau très bon marché et plus copieux que la lunch box traditionnel, alors que mon appétit s'était étrangement fait la malle avec mon énergie. En fin de journée, je lutte devant mon écran d'ordinateur, et les chiffres commencent à s'embrouiller dans mon cerveau. Il est grand temps de rentrer.
Je rebondis sur les bosses et les creux du retour au rythme du ricky. Si l'on peut encore en rire lorsque tout va bien et qu'on découvre Delhi, c'est ultra douloureux lorsque l'on ne se sent pas bien. Le soir, j'annule ma soirée, et ne mange presque rien. J'ai un peu de fièvre, rien de très grave.
Néanmoins, j'adopte tout de même l'attitude de tout Européen expatrié en Inde qui se respecte: un spasphon, un doliprane et au lit!
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