Hé oui, la dure vie de Shanti commence, il faut travailler un samedi sur deux!! Et apparemment, des échos que j'ai eu des autres stagiaires, la plupart du temps il faut bosser le dimanche, lorsque l'on a un pick up par exemple, c'est à dire qu'il faut aller chercher un client à l'aéroport, à minuit comme à 4H du mat'... Je vois mes excursions WE qui me saluent au loin de la main... j'avais pas bien compris cette partie-là du contrat!!!
Avec une soirée bien arrosée la veille (au vin rouge indien), et un pénible réveil à 6H du mat' (à cause de la grande luminosité -ma chambre provisoire ayant de grandes fenêtres sans rideaux- et de la chaleur écrasante, j'avale avec peine un gramme de paracétamol. Impossible de me rendormir; la peur de ne pas être en forme pour le boulot me tenaille. Je décide d'aller reposer en paix dans la chambre de Verena (qui est partie en montagne pour le WE), qui présente l'immense avantage d'avoir une salle de bains à proximité. Sa chambre, de loin la plus jolie car la mieux décorée et personnalisée de l'appart, est fraîche et sombre. Je me couche, mais ne parviens pas à me rendormir avant 7H30. De nouveau réveillée à 10H, cette fois-ci pour le boulot, je me douche et me prépare. J'ai l'air un peu idiote avec mes fringues européennes, enfin avec mes fringues trop chaudes, trop "classes", trop collantes, trop chaudes, trop chaudes, trop chaudes!! Les filles du boulot sont habillées, comme j'allais le découvrir, de façon beaucoup plus légère; à mi-chemin entre le local et l'européen. Il faut absolument que je trouve un marché à dévaliser!!!!
Nous quittons l'appart vers 10H20, en route pour mon premier rickshaw! Je pensais que les rickshaws étaient essentiellement des vélos avec un pauvre homme qui pédale péniblement, mais déception, désillusion, ô rage ô Delhi ennemie, n'ai-je donc si peu vécu que pour prendre des rickshaws motorisés... Grosso modo, ce sont les mototaxis péruviens!! J'adooooore, je dois être la seule ici à aimer, mais tant pis! Mon esprit est sans cesse en train de comparer Delhi à Lima, je ne peux pas m'en empêcher, c'est si facile et si tentant de faire le parallèle!
La route pour aller au boulot est très … indienne!!! comme toujours, des gens et des véhicules partout, de la pauvreté sous des maisons de plastiques, des mendiants couverts de haillons crasseux, des vendeurs de tout et n'importe quoi, des brûleurs d'encens, des routes chaotiques, des travaux, des montagnes de détritus, des échoppes et des boui boui, des dhabas (sorte de gargotes posées au bord de la route), de la saleté, des couleurs, des odeurs d'épices, puis de merde, puis de terre, un mélange, des trous, des bosses, des arbres, des vaches, des maisons... c'est un grand n'importe quoi, c'est même indescriptible!! J'essaye pourtant, quand je vois les choses, de les retenir afin de pouvoir les retranscrire sur le papier...
Nous y sommes presque, encore une grande route hétéroclite puis on tourne à gauche de nouveau sur une plus petite route, avant de s'arrêter devant un « bâtiment » qui ne mentionne absolument pas « Shanti Travel », bien sûr, en regardant bien sur le portail aux couleurs effacées, on aperçoit peint à la main un « C-66 » délavé...
Nous montons les marches, un grand seau en plein milieu de l'escalier récupère des gouttes sales qui tombent du plafond. Au premier étage, se trouve l'équipe des opérationnels (ceux qui se chargent de la logistique), tous Indiens. Puis au second, nos bureaux, équipe principalement française mais pas seulement, Argentine, Inde, Allemagne, Italie et Autriche siègent aussi chez Shanti. Après m'avoir présenté aux quelques personnes présentes, Catherine me montre vite fait le serveur sur l'ordi, et me laisse farfouiller les documents afin de me familiariser. L'office boy nous apporte un chai, un thé épicé au lait, comme celui du Starbucks mais bien meilleur, enfin différent, forcément j'adoore... et le fait de savoir que j'aurai ça deux fois par jour me met du baume au coeur ;)
Dans la matinée, un peu avant l'heure du déjeuner (j'ai opté pour la « lunch box » à 30 roupies -50 cts d'euros-, avec chapattis, riz et deux sauces végétariennes), Alex, le directeur, me convie dans son bureau. Il me raconte un peu l'histoire de la boite, que je connais déjà pour m'être renseignée auparavant. Il me parle des futures évolutions, ils ont l'air d'avoir pleins de projets, malgré le fait qu'ils soient débordés actuellement.
En septembre vont avoir lieu plusieurs réaménagements; les bureaux seront organisés par pole langue et/ ou activité, et un exécutif indien sera intégré dedans, pour être plus multiculturel et plus efficace. Par ailleurs, tout le monde utilisera le nouveau software pour les devis (bonne idée, plutôt que de tout faire manuellement).
Pour ma part, je vais être formée trois semaines sur le marché français, en ce moment débordé, puis je partirai une semaine en « reiki » (repérage sur le terrain). Ensuite, je passerai avec Patricio sur le marché espagnol, où tout le marketing reste à faire. J'aime l'idée de devoir chercher à développer un nouveau marché, même si, une fois de plus, on me "casse" un peu ma motivation.
La lunch box... LB pour les intimes. Une sorte de BN indien pour les employés. C'est une petite boite isotherme ovale et allongée qui arrive à l'agence, avec un tout petit saché plastique contenant deux rondelles de carotte crue, une de concombre et une d'oignon avec. J'ouvre avec curiosité la LB: j'en sors 4 plus petites boites couleur étain empilées les unes sur les autres. On ne paye pas tout de suite la LB, quelqu'un passe dans l'aprem récolter l'argent. Apparemment, j'ai une lunch box hors du commun aujourd'hui (spécial samedi???) avec des espèces de pains-beignets frits à la place des chapatis, du riz où trainent quelques petits légumes (comprenez riz de luxe), et … un dessert!!! une sorte de riz au lait. Chose qui n'arrive jamais.
L'après-midi est longue jusqu'à 19H. J'invite toute l'équipe sur skype et papote un peu avec certains. Je vais voir Bénedicte faire un devis pour un client italien; effectivement ça prend du temps de faire çà à la main! de retour à ma place, il me reste une heure pour continuer à lire de la doc, mais mes yeux ont du mal à rester grand ouverts...
Je rentre avec Bene et Melina, une autre stagiaire française qui rempile pour un an de Shanti après son stage. Melina porte un énorme sac rempli de tapis de mules (pour les treks au Ladakh) pour un groupe de touristes, on met du temps à trouver un rickshaw qui accepte nos prix (d'ailleurs on n'en trouve pas, mais on en a tellement marre de marcher!). Encore une fois, cela me rappelle le Pérou et les fatigantes, incessantes négociations. Mais les Indiens ont l'air moins chaleureux, et s'en foutent de perdre un client. D'ailleurs, aucun chauffeur ne nous cherche vraiment, c'est plutôt le contraire. Le manque de sourire, le fait qu'ils ne parlent pas, est sans doute du au système de castes du pays.
L'énervement est palpable dans l'air, contre les chauffeurs de taxi, les indiens en général, et même le boulot... tout à coup, c'est trop de feedbacks négatifs pour une première journée, jusqu'à troubler mon bonheur d'être ici. J'avais vécu la même chose à Lima, et dieu soit loué l'expérience a été bonne... Je fais remarquer à Melina qu'elles me découragent, mais elle me rassure en me disant que c'est juste la pression du moment et un gros ras le bol...
Voilà pour la première journée de travail en Inde, un peu rébarbatif à lire pour vous, mais ce blog me sert aussi à donner les amples nouvelles que je n'ai clairement pas le temps d'envoyer par mail...
very good my friend... Ca me donne envie de me faire un curry tout ca, ca tombe bien je suis en Angleterre.
RépondreSupprimerPar contre ton image de mangue est un peu démesurée quand on arrive sur ton blog.
good luck. Par ailleur je pense venir en Inde en Octobre/Novembre (je te tiens informée)...
J'ai changé de photo, c'était en attendant... viens quand tu veux! bisous
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