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jeudi 27 août 2009

La malédiction des pick up

Paris 2006. Dimanche soir, j'ai tout prévu pour la grève de demain. Ça fait bien une bonne semaine que la radio nous rabâche ce mouvement de grève. Ras le bol général, chauffeurs agressés, etc. Les employeurs sont au courant, on prend nos dispositions, flexibilité est le mot d'ordre. Je sais quand commence et quand s'arrête la grève, quels trains, RER et métros circulent. En un clic, mon itinéraire s'affiche sur la page web de la RATP. En France, les grèves, on connaît, c'est trop facile...

Delhi. Lundi 17 août 2009. Je pars tôt ce matin, pour rentrer plus tôt ce soir, car j'ai un pick up à 21H30. Comme d'habitude, je salue le garde à la sortie de la maison. Comme d'habitude, je me plante au bord de la route, un peu en retrait pour ne pas me faire écraser par l'un de ces fous fourieux qui avancent coûte que coûte. Mais, contrairement à d'habitude, aucun rickshaw en vue. Les rares qui passent sont pris. Un quart d'heure plus tard, je vois ma chance arriver. Elle s'arrête devant moi... mais refuse de m'emmener!! J'ai beau supplier, implorer, poursuivre, rien n'y fait. J'aurais payé le double s'il l'avait fallu.

Je décide de ne pas rester sur l'avenue principale, peut-être est-ce l'horaire qui ne va pas ce matin. Après avoir bien mis 5 minutes à traverser la grand rue, je m'enfonce dans les petites ruelles vers le marché en face de chez nous, zieutant en même temps si par hasard quelques mangues ne traîneraient pas encore sur les étalages de fruits (à mon grand désarroi, ce n'est plus l'époque des mangues). Et je marche, je marche. Toujours pas de touc-touc en vue. Il commence à pleuvoir, monsoon's back. J'arrive à un grand croisement et me plante là, surveillant les 3 provenances possibles d'un moyen de transport. Je commence à stresser, j'en ai marre, je suis au bord de la crise de nerfs, je veux aller travailler. Un flic planté devant un lodge prend pitié de moi et essaye de me trouver quelque chose, en vain. Enfin, au bout d'une heure et quart et sous une plue devenue cinglante, un chauffeur ralentit et accepte de me mener à Okhla, sans même essayer de tirer profit de la situation... j'ai de la chance dans mon malheur!

J'arrive chez Shanti avec une heure et demi de retard sur mon planning, pour découvrir que les présents ont galéré aussi, et que les absents sont toujours à la recherche d'un rickshaw...car c'est la grève!!! Oui, ça n'arrive pas qu'en France. Pourquoi, comment, pour combien de temps, ça, par contre, l'histoire ne le dit pas... Je repense à mon chauffeur qui s'est presque fait rousser à l'entrée de la "rue" qui mène à ma boîte par d'autres chauffeurs au repos...et je comprends. Ceux qui travaillent aujourd'hui sont mal vus.

Pour en savoir plus, sur les syndicats, tout ça, voici un extrait d'un article publié sur ma source favorite d'unformations sur l'Inde, aujourd'hui l'Inde:

Les auto-rickshaws (à distinguer des rickshaws) de New-Delhi ont repris le chemin du bitume mercredi, après que la grève de leurs conducteurs s'est achevée mardi à minuit sans aucune concession de la part du gouvernement de la capitale.

Les 18 syndicats de chauffeurs s'opposent à la récente répression des autorités contre la conduite sans papiers (permis, licence, certificat de contrôle de pollution), au prix des amendes, et réclament une hausse de leurs tarifs.

Pendant deux jours, les usagers ont du se passer des quelque 50.000 véhicules à trois roues vert et jaune de la capitale, dont une minorité seulement circulait à des prix élevés, créant le mécontentement.


"Réclament une hausse de leurs tarifs"... je me doutais bien que les tarifs indiqués par le "meter" ne leur plaisaient pas! Le meter, c'est ce petit appareil accroché au rickshaw, qui donne un tarif selon la distance parcourue, et qu'aucun chauffeur n'accepte de mettre... forcément, leurs tarifs seraient alors deux à trois fois plus bas que ce qu'ils demandent habituellement...surtout aux peaux laiteuses de mon espèce!

Vers 14H00, je commence à m'inquiéter du retour à la maison... mon plan était de rentrer tôt afin de disposer de quelques heures avant l'arrivée de mon chauffeur pour un briefing à l'hôtel suivi d'un pick up à l'aéroport. Mais, en ce début d'après-midi de grève, aucun taxi n'est disponible... je ne trouverai jamais de rickshaws, c'est sûr. A contrecoeur, j'appelle donc mon chauffeur, pour lui dire de venir me chercher directement à l'agence ce soir; heure convenue, 20H00.

La suite est simple: 20H00, je quitte l'agence, accompagne mon chauffeur chercher des clients à la Likir House, qu'il doit ensuite déposer à l'aéroport. Une famille bien dynamique, sympa, pipelette, avec qui je fais le chemin jusqu'à l'hôtel Saptagiri où mon chauffeur me lâche. Je fais mon briefing client et reste à papoter avec lui un temps, avant de repartir pour l'aéroport chercher un groupe de 4 personnes. Puis, retour au Saptagiri pour un briefing avec le groupe. Les clients sont cool; on boit un coup à une heure du mat' … Heure d'arrivée à la maison, 2H; soit une bonne journée (9H – 2H :-)

Pour la petite histoire, le calvaire a continué le lendemain... Shanti m'a envoyé une voiture privée le matin, et le soir un mini bus a été mis à disposition de l'équipe pour rentrer... résultat, je suis rentrée à 21H00 chez moi... décidemment, Delhi ne roule plus sans ses rickshaws!!!

1 commentaire:

  1. No problème ici à la campagne... pas de grève des tracteurs en vue; ils passent et repassent devant la maison au rythme de la vie. ça et les cloches qui sonnent toujours le quart, la demie, les trois quarts et l'heure entièrement et deux fois car la deuxième église sonne elle aussi l'heure, mais un peu en retard; si avec ça, on perd la notion du temps...mais on se replonge vite dans l'esprit, sauf que les boeufs seuls ont remplaçé les vaches; ben oui, pour voir des vaches maintenant, il faut aller en Inde.

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